Apparence

Lui qui affectionnait tant les motifs, l’or et les ornements, il se contente ici de suggérer la richesse du vêtement par quelques touches de couleur, et dans une grande économie de moyens, il emmêle les tons de vert pour donner l’illusion de la profondeur. Ainsi du symbolisme qui fut son terrain de jeu privilégié, Klimt tend déjà vers l’expressionnisme.” – Léa Simone Allégria –

Portrait d’une dame – 1916-1917 Gustave Klimt

Est-ce que les apparences sont importantes pour moi ? L’expression d’un visage m’a souvent joué des tours, pas vous ? Imaginez-vous en train de regarder une série de tableaux, dans un musée ou une exposition et tout près de vous se trouve une connaissance fixant l’un de ces tableaux avec une expression étrange sur le visage. Cette personne vous semble curieuse, son regard pour vous est soucieux, contrarié. Son sourire est imperceptible et indéfinissable. Mais si vous vous égariez ? L’allure, la physionomie d’un individu, peuvent vous paraître sympathiques ou antipathiques, qu’en savons-nous ? Et si l’apparence était tout le contraire de ce que vous pouviez imaginer ?

Aujourd’hui, je vous présente Guy Rechenmann ! Dans le livre, dont ci-dessous je vous livre mon retour, un des protagonistes parle d’apparence trompeuse. En lisant l’histoire, vous saurez qui a prononcé ces paroles et pourquoi.

L’extravagante histoire de Lucia Fancini
de Guy Rechenmann

Très heureuse de retrouver l’écriture de Guy Rechenmann que je suis depuis plusieurs années. C’est toujours une grande joie de replonger dans un phrasé impeccable. Je reconnais sa manière bien particulière de nous conter ses histoires, que ce soit dans Le Choix de Victor ou dans les polars bien particuliers, avec Anselme Viloc, le Flic de papier. 

C’est donc un immense plaisir de retrouver Léonard qui accompagne en général le « Flic de Papier » ! Cette fois-ci, Léonard incarne un des personnages principaux. Ses picotements dans les doigts, chaque fois que l’envie de faire un portrait le tenaille, mais surtout quand la personne en question l’interpelle, j’en raffole et j’en redemande : son don pour le dessin, ses poèmes pour sa nouvelle amie, les descriptions douces et « aimantes » de Lucia.

Cette ambiance, fin des années 50, début 60, la franche camaraderie entre Léonard et Lucien et leurs dialogues, me font penser à certains films, notamment La Guerre des boutons sorti en 1962. En tout cas, j’aime beaucoup les jeux de mots de l’auteur dont voici un extrait :

« – on sait que tu es un as du portrait, mais pour le coup tu lui as bien arrangé le sien. Tu es notre Hemingway du fusain. Nez… en moins, tu lui as cloué le bec… Au moins il ne nous fera plus braire, cet âne ! a lancé Lucien en se fendant la poire. »

Quelle nostalgie de l’Italie, pays de mes parents (mais le parallèle s’arrêtera là, ce n’est pas la même ville ni surtout la même histoire) !

Dans le roman, Marcello et son épouse Sofia sont napolitains et ont un goût prononcé pour les belles choses, inutiles ? luxueuses ? Ainsi qu’un passé bien mystérieux. Vous apprendrez en lisant ce roman quel genre de couple ils sont. Je pourrais dire qu’ils sont surprenants, mais ce qualificatif est trop doux pour les définir, à mon goût. Je vous laisserai donc les « juger » vous-mêmes.

Qu’il évoque la Grèce, la France (Bordeaux) ou l’Italie, Guy Rechenmann n’a pas son pareil pour nous les décrire sans que ce soit ennuyeux. La région qui nous intéresse ici est la Macédoine occidentale. Pour résoudre l’énigme de la vie de Lucia, la voisine de Léonard, nos trois compères (donc Léonard, Lucien et Ulysse) se plient en quatre et réussissent, à nous raconter, au travers de courriers, reçus par… Par qui ? Là non plus, je ne dirai rien, même sous la torture. Je disais donc que ces trois garçons réussissent à nous dévoiler le mystère du passé de cette adolescente.

Les dernières pages du polar ? On ne s’y attend pas. Guy Rechenmann continue de prêter sa plume à Léonard et il sait nous conter le présent et l’avenir de nos héros. Le mot aimer est trop faible pour définir ce que j’ai ressenti quand j’ai terminé ma lecture.

Merci beaucoup, cher auteur, de m’avoir fait voyager et de m’avoir rafraichi la mémoire sur certains actes et événements du passé. À lire absolument.

Biographie de l’auteur : https://imonet.software/guy-rechenmann/

Publié par isamonet

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4 commentaires sur «  Apparence »

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