Choix du tableau ci-dessous pour » La Faille » de Franck Thilliez
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« … J’étais fatigué, épuisé même, je suis allé dormir quelques instants et je suis retourné voir ce que je faisais, et c’est à ce moment-là que je me suis aperçu que je faisais une autre peinture, une peinture où le noir n’était plus noir. Il était noir aussi, mais je faisais une peinture où la réflexion de la lumière sur des états de surface était la chose qui comptait le plus. Et c’est pourquoi je l’ai d’abord appelée « noir lumière » avant d’avoir l’idée d’inventer le terme « outrenoir » qui la désigne à présent. Par là, je n’entends pas simplement l’effet optique produit mais aussi et surtout le champ mental que ça ouvre pour celui qui regarde… » (Source – extrait d’une interview de Pierre Soulage par Vauday – 2002)

Quand j’ai lu cet extrait, ci-dessus, le noir, la lumière, pour moi cela reflète une grande partie de l’ambiance du Livre.
La Faille
Franck Thilliez

Avant de vous livrer mon retour à proprement parler, merci à Franck Thilliez pour sa note au lecteur. Il se rapproche de nous en partageant son sentiment profond sur l’écriture de son roman.
« À toutes les mamans… »
Je me demandais ce que cela renfermait. J’ai donc été, dès le départ, intriguée.
Après avoir lu ce polar et les aventures de Franck Sharko et Lucie Hennebelle au 36, je me souviendrai longtemps du couple Nicolas et Audra (membre de l’équipe). Ce qui arrive dans cette histoire, magistralement imaginée et dépeinte, restera gravé dans ma mémoire. Ce sera quasi indélébile.
Je dis “imaginée”, mais la plupart des faits que l’auteur nous dévoile existent bel et bien, et c’est là toute la force de ce récit. Mais jusqu’où peuvent aller certains scientifiques ?Comment aborder le thème de la mort, pendant et/ou après ? Il fallait bien chercher, puiser dans les documents scientifiques, policiers et médicaux pour nous démontrer que l’impensable peut s’avérer, pensable. Eh bien, Franck Thilliez l’a fait. Je m’incline.
Beaucoup de lecteurs trouveront que ce livre est dérangeant, il peut l’être, oui, mais on sent que l’écrivain a mis toutes « ses tripes » dans ce récit et il en devient presque déchirant. Et même si certains passages sont très durs, ne pas oublier qu’il s’agit d’un polar.
Alors oui, bien sûr j’ai mis du temps à calmer les battements de mon cœur et de mon esprit avec ce sujet qu’est la mort, car il me fait flipper. Mais, chaque fois que l’auteur racontait les “aventures” de nos chers flics, tout ce qu’ils ont pu endurer pour, finalement, sortir presque vainqueurs, m’a réconfortée.
Dans ce tome seront abordées l’éthique médicale, la science, la folie et la peur. Pour un thème principal : « la mort » et la vie…
« Ce qui est gênant dans la morale, c’est que c’est toujours la morale des autres », nous disait Léo Ferré. D’ailleurs, quand vous lirez le livre, un des médecins y est confronté.
Cet ouvrage peut peut-être en refroidir certains parce qu’il nous amène à nous poser mille et une questions sur un sujet complexe et nous confronte à nos propres peurs. Mais punaise, comme il a dû être difficile, cher auteur, de malmener ainsi vos personnages. Vous l’avouez d’ailleurs à la fin.
Chapeau bas, Monsieur Thilliez. À lire absolument.